Jean GIONO écrivait :

« L’écrivain (ou le peintre), l’artiste témoin de son temps est une invention, et pour le besoin d’une cause ; il n’est que le témoin de lui-même . L’écrivain (ou le peintre), l’artiste est avant tout un homme qui se montre. Qu’il se cantonne dans son art ou qu’il s’engage, il fait son portrait. » (Préface au Tableau de la littérature française, Paris, Gallimard, 1962).

Vous commenterez et discuterez ces propos en vous appuyant sur des exemples littéraires précis.

Problématique : dans quelle mesure toute œuvre est-elle un miroir de son auteur ?

Rédiger l'introduction
Amorce : sur le contexte : l’engagement de l’écrivain dans une période troublée : il existe plusieurs positions d’auteurs
Citation de Giono
Annonce du plan :
I. Toute œuvre peut être vue comme un autoportrait ?
II. Est-ce légitime de limiter l’activité artistique à cette dimension spéculaire ?
III. Tenter de dépasser l’opposition « témoin de lui-même / témoin de son temps

  • Plan détaillé

1. Toute œuvre peut-elle être considérée comme un autoportrait littéraire ?

1.1. Quand l’écrivain se livre : les œuvres autobiographiques.
1.1.1. Sous des formes et des motivations diverses, des artistes, des écrivains font le récit de leur vie.
1.1.2. La poésie lyrique donne l’illusion de connaître les poètes.
1.1.3. Le romantisme met en évidence le « moi » singulier de l’auteur.

1.2. Les œuvres de fiction : la projection des auteurs dans un personnage.
1.2.1. Les auteurs se cachent parfois derrière le masque d’un de leurs personnages.
1.2.2. La création romanesque, théâtrale permet de se montrer : montrer ce que l’on a au fond de soi.
1.2.3. Les auteurs peuvent exprimer plusieurs facettes d’eux-mêmes, voire exprimer un débat intérieur.

1.3. Quand l’artiste se révèle par des formes récurrentes de son imaginaire
1.3.1. Des thèmes récurrents révèlent une préoccupation de l’auteur
1.3.2. La critique biographique de Sainte-Beuve est à l’affût des habitudes des préoccupations des auteurs.
1.3.3. La psychocritique recherche les métaphores obsédantes qui échappent même à l’auteur.

1.4. Quand l’auteur se montre à travers son œuvre : le style
1.4.1. « Le style c’est l’homme même » : l’écriture comme expression d’une individualité.
1.4.2. En quête d’une expression personnelle.
1.4.3. Le style est une vision du monde.

La thèse de Giono ne vaut que si on considère le caractère ambigu du portrait (en masque, en trompe-l’œil : il dissimule autant qu’il dévoile). Comme l’autoportrait, l’autoportrait littéraire réinvente ou noircit, brouille les repères…

2. Les limites du constat de Giono : des œuvres tournées vers le monde.

2.1. Une longue tradition anonyme qui efface les traces de l’auteur.
2.1.1. Des œuvres qui suivent l’esthétique d’une époque.
2.1.2. Le refus de la revendication de l’auteur au Moyen Âge.
2.1.3. La volonté de s’inscrire dans une tradition.

2.2. Une dénonciation du narcissisme.
2.2.1. L’injonction à la pudeur : « Le moi est haïssable ».
2.2.2. Écrire une œuvre impersonnelle.
2.2.3. L’art pour l’art des parnassiens.

2.3. Pourquoi l’idée de l’écrivain témoin de son temps serait-elle une « invention » ?
2.3.1. La nécessité de rendre témoignage d’une époque troublée.
2.3.2. Au XIXe les romanciers entendent fixer dans la fiction la réalité sociale.
2.3.3. L’artiste est témoin de son époque. L’œuvre est marquée par la société qui la produit.

L’écrivain est un homme qui se montre, exhibant son regard sur le monde, son style singulier, mais il est difficile de dire que l’artiste n’est que le témoin de lui-même, et c’est contestable de dire que c’est une « invention ».

3. Tenter de dépasser l’opposition « témoin de lui-même / témoin de son temps » : autoportrait et universalité ?

3.1. L’artiste témoigne de lui-même en tant qu’homme, il explore la dimension universelle de son moi.
3.1.1. L’écrivain comme représentant de l’homme universel.
3.1.2. L’écrivain comme modèle pour les autres hommes.
3.1.3. L’écrivain comme guide et prophète.

3.2. C’est réduire la portée du texte que d’identifier le personnage à l’auteur : la portée allégorique des personnages.
3.2.1. La mythologie au service de la vision universelle de l’auteur.
3.2.2. L’expression de l’homme contemporain et non d’une individualité.
3.2.3. Les personnages comme expression de différentes attitudes humaines.

3.3. Quand l’œuvre parle du lecteur.
3.3.1. La mort de l’auteur.
3.3.2. L’intention impossible de l’auteur.
3.3.3. Les interprétations multiples des lecteurs.

Si on « fond » les deux premiers paragraphes de la première partie :

1. Toute œuvre peut-elle être considérée comme un autoportrait littéraire ?
1.2. Quand l’écrivain se livre : les œuvres d’inspiration autobiographique.
1.2.1. Sous des formes et des motivations diverses, des artistes, des écrivains font le récit de leur vie.
1.2.2. La poésie lyrique donne l’illusion de connaître les poètes.
1.2.3. Les œuvres de fiction : la projection des auteurs dans un personnage.

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